Viva Espana

28 juillet 2010

Début septembre, je passerai une semaine à Barcelone. Du coup, j’apprends une phrase par semaine. Ben vi, j’ai fait allemand seconde langue (mais pourquoi ?!?). Forcément, je priorise.

Phrase apprise cette semaine : Donde estan los servicios ?

Faut que je trouve pour la semaine prochaine, la traduction à : combien ça coute ?

Ceci dit, étant donné ma phobie, je visite régulièrement : peuravion.com

(pouic pouic pouic)

1492, Christophe Colomb découvre l’Amérique

27 juillet 2010

2010, je découvre la maison de retraite spécialisée Alzheimer.

Si c’est pareil.

Le même étonnement. On débarque et on regarde tout autour de nous. On apprend. Rapidement. Pas le choix.

La directrice, adorable. Le personnel, d’une dévotion sans pareil. De l’humanité à un endroit où je ne la soupçonnais pas. Des éclats de rire. De la convivialité. De la vraie gentillesse. J’arrive et des gens que je ne connais même pas (je ne suis pas physionomiste) m’appellent par mon prénom et me demandent comment je vais. Ca amortit. Vraiment.

Je ne suis pas en train de dire que c’est le paradis. Mes parents donneraient un de mes bras pour rentrer chez eux. Mais comme ça n’arrivera pas, autant s’habituer. Eux et moi. Le décor et les acteurs amoindrissent mon moral plombé quand je vais les voir.

Et ça compte. Au-delà de l’imaginable.

Il y a la femme bizarre que j’essaye de ne pas approcher. La première fois, elle m’a choppé le bras. Une nana du personnel lui a expliqué qu’elle pouvait me lâcher, je n’étais pas un homme… Hum… Une chaudasse ?

Il y a celle qui quitte le réfectoire, en poussant son déambulateur, fait deux pas et revient : « je vais où ? ». « Chambre 310, Couloir à droite, puis vous reconnaitrez votre chambre. » Elle fait trois pas, puis demi tour : « Elle est où ma chambre ? » Etc…

Il y a le monsieur, complètement atteint, qui pousse des cris, mais bizarrement, je trouve qu’il a une certaine fierté dans le regard. Je le trouve classe.

Il y a le Tramway 2, rapide et climatisé. Bien.

Il y a mon père qui pour la première fois a débloqué devant moi il y a dix jours. Il y a nos promenades où je le tiens par le bras pour qu’il ne chute pas. Je ne sais pas si ça vient de Parkinson (je vote pour lui) ou Alzheimer, mais ses pas s’accélèrent, puis tout à coup son corps part en avant. Je me demande comment il fait pour ne pas tomber plus souvent. J’ai tout le mal du monde à le retenir. Il est lourd.

Il y a ma mère, avec son atèle, qui se plaint. Tout le temps. C’est elle qui me bousille le moral, pas l’endroit, ni l’environnement.

Il y a ma sœur qui est drôlement loin et j’ai hâte qu’elle revienne prendre un peu le relais. Au quotidien, c’est… Hum… Oui, exactement comme ça.

BIG UP au personnel de ce centre.

Plus Moche La Vie

26 juillet 2010

Et pourquoi qu’il n’y a aucun épisode cette semaine ? Hein ? Comment peut-on humainement nous laisser sur le suspense de la mort (ou pas) de Luna ? Hein ? A cause du … sport ?!? Mais qu’est-ce que c’est ?

Impardonnables

22 juillet 2010

Djian et moi on était fâchés. A cause de « Vers chez les blancs » et de « Ca c’est un baiser ». Jamais réussi à les lire. Mais maintenant on va pouvoir recommencer à flirter. Je viens de dévorer « Impardonnables ». J’ai retrouvé ses petites phrases fluides et tueuses que j’adore. La dérision, le narcissisme de l’auteur. Le nombrilisme ? Oui. Et alors ? J’aime qu’il ne pardonne pas. Et sans aucun effort. Ca vient tout seul. On me fait du mal ? C’est fini. Je passe à autre chose.

Impardonnables, Philippe Djian

J’adore.

C’est pas gagné

12 juillet 2010

Ce week end, aux infos, j’ai entendu le maire de Sevran, suite à un fait divers dont j’ignore tout, dire : « on en a assez d’enterrer des morts ». Je ne connais pas les coutumes locales, mais ça m’étonnerait que les vivants se laissent faire.

Bigleuse

12 juillet 2010

Quand j’étais gamine, je ne lisais pas de contes de fée, trouvais que Barbie avait l’air pernicieux et ne rêvais pas au prince charmant. Ce dont je rêvais plus que tout c’était d’avoir une paire de lunettes comme ma copine Caroline. Je trouvais ça trop classe. J’ai toujours eu bon goût… Parfois elle me les prêtait dans la cour de récré. Forcément, je voyais tout flou et je me cognais aux arbres. Je trouvais ça rigolo.

J’en avais demandé pour Noël, mais ma mère, délicate et aimante, qui avait dû dévorer « comment rabaisser son enfant en 10 leçons », m’opposait un refus catégorique, utilisant l’argument suprême : « T’es déjà assez moche comme ça ».

Vous pouvez imaginer ma joie quand j’ai commencé à foirer des tests visuels il y a une petite dizaine d’années. Toutes ces heures passées devant des écrans d’ordinateurs quotidiennement prenaient enfin leur sens. J’y étais arrivée, j’avais dans ma poche une ordonnance pour des lunettes. Quel bonheur… Comme quoi, quand on a un projet intéressant, même si c’est un projet à long terme, il faut s’y accrocher.

Je passerai sous silence que ces fameuses lunettes étaient davantage dans mon sac ou dans un tiroir que sur mon nez. Finalement, c’était moins rigolo que prévu. Et seuls des maux de tête persistants m’ont obligés à commencer à les utiliser (parfois).

Bref, 2010. Ophtalmo négligé depuis trois ans. Forcément, ma vue a baissé. Nouvelle ordonnance. Direction l’opticien. Et là, c’est le drame…

« Il vous a mis des verres progressifs. »
« Et alors ? »
« C’est très cher. Verres + montures (les vôtres ne conviennent pas aux verres progressifs), il faut compter environ 600 euros. »
« Ah putain. Comme c’est fâcheux. Ma mutuelle de merde Mon excellente mutuelle ne me rembourse que 150 euros… »
« … Vous prenez les organes ? Que puis-je revendiquer pour 150 euros ? »
« On vous change uniquement vos verres pour la vue de près ».
« Parfait. Je ne les mettrai que pour lire et devant mon pc ».

. . . Le lendemain je retourne chez l’opticien chercher mes anciennes lunettes avec mes nouveaux verres. Le type me tend un truc à lire pour tester la vue. Je mets mes lunettes et là c’est tellement clair et net, que j’ai l’impression que les petites lignes tout en bas m’ont sautée au visage. Je suis drôlement contente et je les retire de suite pour rentrer chez moi.

. . . Hier : je les mets pour lire un truc qui m’oblige à plisser des yeux – sans résultat. Bien sûr que ça devient net. Je les garde à peine deux minutes et les enlève. Et là… je ne vois plus rien. Tout ce qui est à moins de 50 centimètres de moi est flou.

. . . Nouvel essai ce matin dans le métro et au boulot : impossible de les garder.

Trop de choix devant mon nez de bigleuse :

1/ Les mettre pour que les petits caractères me sautent aux yeux, vivre dans le flou quand je les retire, puis avoir des maux de tête dû à l’effort de mes nerfs optiques (c’est gentil les gars) pour me ramener dans le réel ?

2/ Arrêter de lire pendant deux mois, le temps d’avoir une nouvelle mutuelle ? Et se contenter sur le pc de viser les touches du clavier. Après tout, je sais à peu près où elles sont placées. A peu près.

3/ Rechercher Caroline pour l’obliger à m’acheter des verres progressifs (après tout c’est de sa faute) ?

4/ Apprendre le braille ?

C'est beau des lunettes la nuit
Ouais c’est ça

Finale Coupe du Monde

11 juillet 2010

Je vote pour les Pays-Bas parce que Amsterdam c’est trop beau.

Drapeau Pays-Bas

Ça c’est de l’argument sportif…

Enterrement

10 juillet 2010

Bah dis donc. Il doit y avoir des endroits maudits. Today, at 1:00 pm, même carrefour qu’il y a deux semaines : des gens qui regardent, un vélo renversé et deux personnes autour de ? Un corps ? Sans doute. Je ne me suis pas penchée. J’ai passé mon chemin. Je n’aime pas trop ce moment où le temps est suspendu et qu’on attend les secours.

J’étais en voiture. 30 secondes après, j’avais zappé.

Bien.

Mais ce soir, après avoir vu un film vraiment pas terrible, je me demande : pourquoi dit-on « enterrement de vie de jeune fille » et « enterrement de vie de garçon » ? Hein ?

Pourquoi « jeune » uniquement pour les filles ? Tu médites et on en reparle. Ou pas. Si tu devais méditer, je m’en serais déjà rendue compte.

Aux enfants de la chance

7 juillet 2010

6 juillet, 21h. Paris XXème. J’arrive dans l’appartement désert. Déserté conviendrait mieux. Un cours d’école me revient en tête. Vésuve/Pompéi. Des images de corps statufiés par la lave. Des gens momifiés dans leur quotidien. J’ai exactement cette sensation. Ici, la vie s’est arrêtée brusquement. J’éclate en sanglots. J’attends de m’être un peu calmée pour vider le frigidaire et rassembler des affaires. Je n’aurais jamais pensé que ce soit aussi difficile.

. . .

7 juillet. 14h. I/M. Elle n’est pas dans sa chambre, je vais jusqu’à la grande salle. Elle est assise à une table toute seule. Le regard triste et perdu. Mon cœur se déchire. Une dame essaye de lui expliquer qu’elle doit boire un verre d’eau, qu’il fait chaud, mais elle n’a pas soif. Elle me voit et ses yeux s’illuminent. « C’est ma fille », elle dit à la dame qui se tourne vers moi. « C’est ma fille. »

Mon père se réveille. Il me regarde. « Tu sais qui c’est ? » elle lui demande. Il me regarde. Il dit « oui », mais c’est comme s’il essayait seulement de me faire plaisir. Je vois bien qu’il ne sait pas qui je suis. « C’est ta fille » elle lui explique. « Tu te souviens de son prénom ? » Il me regarde. Je finis par lui dire mon prénom. Ca lui dit quelque chose. Il connaît ce prénom. Peut être.

Elle me dit qu’elle a hâte d’être à la fin du mois pour rentrer chez elle. Je détourne le regard et la conversation. Je n’ai pas le cœur de lui dire que ça n’arrivera pas.

Elle me raccompagne jusque l’ascenseur. J’appuie sur le zéro, j’attends qu’il démarre. Quelques secondes d’éternité. Je lui souris jusqu’à ce que les portes se referment. Après je peux éclater en sanglots, protégée par l’été et des lunettes noires.

. . .

Personne ne devrait à subir tout ça seul. Personne. Je m’en tire parce que je suis toujours sous LSD et parce que mes larmes me tiennent chaud. Je ne pleure que quand je suis seule. Je n’emmerde personne. C’est bien.

5 juillet bis (ou quand la réalité et le rêve ne font plus qu’un)

5 juillet 2010

J’en avais toujours rêvé en sachant pertinemment que ça resterait de l’ordre du fantasme, et pourtant…

Place Charras ce soir, j’approche du distributeur (oui, encore lui), je m’apprête à introduire ma carte mais l’écran me dit : « prenez vos billets » et une liasse apparaît ! Vous auriez fait quoi à ma place ?

Vous réfléchissez, vous me dites et on compare. Réponse demain. Pour vous faciliter la tache, vous pouvez remplacer « Place Charras » par ce que vous voulez.

. . .

J’ai aussi ce rêve improbable de pousser la porte d’un grand magasin, que les lumières se mettent à clignoter, que des paillettes dorées me tombent sur les épaules, que les vendeuses se mettent toutes à applaudir et que la directrice me tende un bon d’achat de 50.000 euros parce que je suis la milliardième cliente. J’ai une variante avec une agence immobilière qui m’offre l’appartement de mon choix : appartement terrasse au sommet d’un immeuble Haussmannien en plein Paris, une petite dizaine de pièces, avec porte de service pour que la domestique dévouée, dont je garde les papiers d’identité en lieu sûr, puisse aller et venir à sa guise…

. . .

PS : Enveloppe résultat labo dans mon sac. Doc l’ouvrira demain. Suis pas pressée de savoir, as I’m still sous LSD… J’imagine difficilement deux miracles le même soir…