L’ado est dans la place – 1ères constatations

8 février 2012

L’objectif – appelons-le « objectif chablis » –, l’objectif-chablis donc, était double :

1/ Avoir au minimum la moyenne en maths au brevet blanc prévu le lundi 13.

Mais quand je lui dis : « 22 – 8 ? » et qu’elle me répond « 30 »… c’est pas gagné.

Ensuite, l’ado n’ayant jamais levé la main en cours au 1er trimestre – ce qui lui fut reproché par ses enseignants poussiéreux –, essaye une nouvelle tactique pour ce 2nd trimestre : lever la main pour donner des réponses fausses. (pouic pouic pouic).

2/ Faire admettre à l’Ado l’idée utopique qu’elle puisse lever la main au 3ème trimestre pour donner de bonnes réponses.

Constatations concernant les mathématiques :

L’Ado ne rechigne pas à faire tous les exercices que je lui donne : 1 bon point. A même redemandé un dernier exercice hier soir : 1 autre bon point. Est en train de faire une nouvelle série d’exercices à l’heure où je vous écris au lieu de réclamer son dîner (ce qu’un chat ferait) : 1 troisième bon point. Attendons la correction de cette série d’exos pour tirer d’autres conclusions…

Constatations concernant son mode de vie :

L’Ado a un rapport conflictuel avec l’eau :
Elle ne boit jamais d’eau le matin, parce que (je la cite) : « je trouve que l’eau a un goût bizarre le matin ».
Elle préfère prendre sa douche le plus tard possible : l’Ado a des ancêtres gremlins.

L’Ado mange des choses étranges :
Son goûter : un bol de jus d’ananas et de céréales. (Oui tout dans le même bol). Je la cite : « C’est trop bon ». Je préfère la croire sur parole.

L’ado a un timing précis : elle rentre toujours trois minutes avant l’heure du couvre-feu. Attend-t-elle derrière la porte ?

L’Ado a des points positifs (si si) : elle regarde les films en vo, sous-titrés en anglais, et est toujours d’accord pour grignoter du saucisson et du pain croustillant le soir pendant les projections de films. Et ça c’est drôlement important.

Première conclusion de cette étude scientifique : l’Ado est un gremlin à la précision suisse.

L’ado est dans la place

6 février 2012

Attention, je répète…

L’ado est dans la place.

Bien sûr que c’est flippant.

Ceci dit, je trouve ça intéressant de la regarder vivre en milieu quasi-naturel. Mes rapports et considérations journaliers feront sûrement avancer la science.

Et si je survis à une semaine de cohabitation, je serai prête pour adopter un chat ou/et un perroquet (ma nouvelle lubie).

Black is black

5 février 2012

Je me demande si je ne suis pas parfois un peu excessive…

Samedi soir : soirée italienne. Paolo Conte et ses compatriotes tournent en boucle. Le Chianti est parfait et la bouffe adéquate. Et je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête, mais comme je n’ai pas de tee-shirt « I love Roma », j’opte pour une coloration de mes cheveux en noir.

Oui, c’est facile, ça prend 15 minutes.

Sauf que là, j’en ai pour 2 mois à ressembler à un corbeau / une gothique…

Parfois, je repense à cette phrase : « les cons, ça ose tout ».

Le défi

4 février 2012

Fallait pas… aller à un apéro dinatoire.

Je m’étais prévenue pourtant : si on te propose du Chablis, t’y touche pas. Mais voilà, le fromage était trop puant bon et s’accordait parfaitement au Chablis. Pour ne pas faire de faute de goût, j’ai préféré harmonisé.

Et me voilà, à cause du vilain Chablis, à me la péter (la mère revenait d’un rv avec la prof de son ado et je ne sais pas, j’ai eu envie d’être utile, tan-dan-dan l’œil du tigre) : « Nan mais moi, ta fille, je la prends une semaine chez moi, je la fais bosser nuit et jour, et elle récupère son niveau vite fait ».

Mouais, sauf que la mère indigne a topé.

Je suis pas dans la merde…

C’est quoi la mort ?

2 février 2012

Ça ressemble à un battement d’aile, ou une corbeille que je secoue au-dessus d’un cercueil pour laisser s’échapper les derniers pétales de roses. Je fixe la plaque avec le nom de ma mère sur son cercueil et je ne comprends pas.

Trois semaines après, je ne sais toujours pas, la seule chose que j’ai compris, c’est que ça n’a rien de morbide, c’est juste une absence, quelque chose de léger en tout cas.

La mort, ça commence par un coup de téléphone et la seule chose que je suis capable de répéter c’est « oh putain » entre deux sanglots. Non, ça ne va pas être possible d’enregistrer « pour de vrai » cette information.

Ensuite, il faut prévenir. Appeler les proches. Rester stoïque au téléphone en les entendant pleurer. « Comment tu fais pour être aussi froide ? » me demande ma sœur. Parce que mettre une barrière entre l’affect et le factuel est beaucoup moins douloureux, tout simplement. Je me débrouille quoi. Tant que je suis dans l’action, ça me va. Contacter le cimetière, les pompes funèbres, les administrations, prendre des décisions, éloigner la douleur. J’y penserai plus tard. Pour le moment, les autres ont besoin de moi. Je pleurerai plus tard.

C’est aussi un ami qui attrape le premier tgv pour venir me soutenir. Et des tas de messages plus gentils les uns que les autres.

C’est aussi une question. Comment l’appendre à mon père qui en ce moment végète sans savoir que sa femme est morte ? Comment s’y prendre pour faire le moins de dégât possible ?

C’est un dernier pschitt de Chanel 5 avant de partir pour l’inhumation. Juste pour avoir une odeur familière autour de moi. Quelque chose à quoi m’accrocher si ça se complique.

C’est de la famille, des amis et des voisins qui se retrouvent à l’entrée du cimetière. Ça pourrait être festif, si ce n’était le contexte.

C’est s’avancer vers la tombe. Il fait très froid. Je mets mon bonnet à pompon. Attendre. Un speech de ma sœur. Très bien. Excellent même. Le maître de cérémonie qui demande de s’approcher. Et là j’éclate en sanglots et je recule. Je croise le regard de ma sœur – qui la veille m’avait demandé de ne pas la mettre dans l’embarras – et j’essaye de me contenir, de m’approcher. Ce que c’est dur.

Le cercueil sort du fourgon. Oh mon Dieu, c’est donc réel ? Ma maman est dans ce truc en bois ? Ne pas y penser. J’évite de regarder, j’évite de ressentir, j’évite tout.

Ma sœur, mon père, mes deux meilleurs amis sont là, je dois me focaliser là-dessus. Le reste n’est que spectacle.

Moi ?

Et bien, c’est compliqué, je peux encore sentir la main de ma mère dans la mienne et je me souviens des mots fléchés que l’on faisait ensemble pour lui faire travailler son cerveau il n’y a pas si longtemps que ça. Je vois son visage et j’entends encore sa voix.

Chaque soir je fais bruler une bougie pour elle.

Et non, j’ai beau me répéter « maman est morte », ça n’a pas réellement de sens. Et aucun enterrement, aucun cercueil, ne pourra me le faire comprendre. Quand le téléphone sonne, il m’arrive de penser que c’est elle qui m’appelle pour râler et quand je me promène dans le quartier, je pense que je vais tomber sur elle au coin d’une rue.

C’est quoi la mort ?

Ça ressemble à un battement d’aile, ou une corbeille que je secoue au-dessus d’un cercueil pour laisser s’échapper les derniers pétales de roses.

C’est quoi la mort ?

C’est quand plus personne ne pense à vous, et là ce n’est pas le cas.

Maman, tu me manques.

Envie de s’évader ?

1 février 2012

Costa

Vive la crise

31 janvier 2012

Vive la crise

Vive la crise

Vive la crise

Vive la crise

Merci ©Golem13.fr

R.I.P.

18 janvier 2012

R.I.P. maman
Repose en paix Maman Chérie

Fermeture provisoire

26 novembre 2011

Sorry, we're closed

Expo photos Claudine Doury

19 novembre 2011

Plusieurs séries réparties dans trois salles.

Je n’ai pas du tout adhéré à la série « Sasha », un peu plus à « Artek », mais loin d’être conquise, vraiment très loin. J’ai eu l’impression de croiser des regards vides. Donc je n’ai pas eu l’impression de croiser qui/quoi que ce soit. Un petit côté « Virgin suicides » (il me semble même que la comparaison avec le film de Sofia Coppola a été faite dans un pitch) mais je n’aime pas ce film. Lenteur et contemplation, huh…

Par contre, j’ai beaucoup² aimé « Loulan Beauty ». La sensation de naviguer dans des vestiges, des mondes « engloutis », flous. Une couleur surannée, des paysages no mans land, et pourtant c’est aujourd’hui, maintenant. Série vraiment touchante.

Claudine Doury

Pavillon Carré de Baudouin
121 rue de Ménilmontant (Paris XX)
Jusqu’au 26 novembre 2011.
Entrée libre.